Charles d'Orléans (en bleu, à gauche) lors de son 2e mariage en 1410

Pour varier un peu les époques et célébrer le retour du printemps, un petit poème de Charles d’Orléans, en version moderne et en version ancienne.

Français moderne :

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
«Le temps a laissé son manteau!
De vent, de froidure et de pluie».

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent, d’orfèvrerie,
Chacun s’habille de nouveau
Le temps a laissé son manteau.


Ancien français :

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie
De souleil luisant, cler et beau.

Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante, ou crie :
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Riviere, fontaine et ruisseau,
Portent, en livrée jolie,
Goutes d’argent d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau.
Le temps a laissié son manteau.