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Plus ne suis ce que j’ai été,
Et ne le saurais jamais être ;
Mon beau printemps et mon été

Ont fait le saut par la fenêtre.

Amour, tu as été mon maître :
Je t’ai servi sur tous les dieux.
Ô si je pouvais deux fois naître,
Comme je te servirais mieux !

On se plaît à orner de mille perfections une femme de l’amour de laquelle on est sûr ; on se détaille son bonheur avec une complaisance infinie. Cela se réduit à s’exagérer une propriété superbe, qui vient de nous tomber du ciel, que l’on ne connaît pas, et de la possession de laquelle on est assuré.
Laissez travailler la tête d’un amant pendant vingt-quatre heures, et voici ce que vous trouverez :
Aux mines de sel de Salzbourg, on jette, dans les profondeurs abandonnées de la mine, un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver; deux ou trois mois après on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants, mobiles et éblouissants; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif.
Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections.

***

Stendhal, De l’Amour, chapitre II, « De la naissance de l’amour »

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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