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Il y a quelque chose de mort au fond de moi,
Une vague nécrose une absence de joie
Je transporte avec moi une parcelle d’hiver,
Au milieu de Paris je vis comme au désert.

Dans la journée je sors acheter de la bière,
Dans le supermarché il y a quelques vieillards
J’évite facilement leur absence de regard
Et je n’ai guère envie de parler aux caissières.

Je n’en veux pas à ceux qui m’ont trouvé morbide,
J’ai toujours eu le don de casser les ambiances
Je n’ai à partager que de vagues souffrances
Des regrets, des échecs, une expérience du vide.

Rien n’interrompt jamais le rêve solitaire
Qui me tient lieu de vie et de destin probable,
D’après les médecins je suis le seul coupable.

C’est vrai j’ai un peu honte, et je devrais me taire ;
J’observe tristement l’écoulement des heures ;
Les saisons se succèdent dans le monde extérieur.

***

Michel HouellebecqLa Poursuite du bonheur

Je continue dans la série comparaisons saugrenues. Ca se passe pendant les guerres de religion. Les protestants accusent Ronsard d’être prêtre et de mener en parallèle une vie de païen. Ronsard répond qu’il n’est que clerc, et pour se payer la tronche de ses adversaires, qui prêchent en même temps le retour à la pureté de l’Evangile et la guerre, se compare à un « limaçon d’Avril », « guerrier de jardins » tout ce qu’il y a de plus pacifiste et inoffensif (mais il a quand même un peu exhorté les catholiques à massacrer les protestants dans des oeuvres antérieures…) :

Par le trou de la chape aparoist élevé
Mon col brave & gaillard, comme le chef lavé
D’un limaçon d’Avril, qui traine en mainte sorte
Par un trac limonneux le beau palais qu’il porte
Et desur l’herbe tendre errant deça dela
Dresse parmi les fleurs les deux cornes qu’il ha :
Un guerrier de jardins, qui se paist de rousée
Dont sa ronde maison est par tout arrousée.
Ainsi paroist mon chef, & me sens bien heureux
De faire cet estat si saint & genereux.

***

Ronsard,  Responce aux injures et calomnies de je ne scay quels Predicans, et Ministres de Geneve, v577-586
chape : ici manteau de clerc.
col : cou
chef : tête
limaçon : escargot
par le trac limonneux : sur le chemin boueux
rousée / arousée : rosée / arrosée

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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