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Seigneur, est-ce donc vrai qu’en ces mois vous pêchez,
Sous les lunes de mai, les morts de la rizière,
Que leurs yeux sans regards et leurs cheveux noyés
servent la juste guerre?

Dans un calme jardin, nous voici donc assis,
et c’est le temps si beau de la fleur et de l’arbre.
On célèbre un tombeau d’où vous êtes parti.
Pâques fait son théâtre.
Faut-il tout pardonner pour un dieu qu’on nous donne?
Sur les cités d’Asie et sur l’enfant brûlé,
au Mont des Oliviers, en votre temps de l’homme,
n’avez-vous pas pleuré?

Sous l’eau j’ai vu glisser la fille aux jeunes seins
si longue dans sa mort! j’ai vu courir les mères
avec leur bouche ouverte qui ne criait plus rien.
Qu’en pense votre mère?

Le mot de paradis en cette nuit fait honte.
Des arbres à pendus dressent d’autres vergers.
Allons-nous oublier tout le malheur du monde
pour l’odeur d’un pommier?

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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