Ecoutez ceci, tous les peuples,
prêtez l’oreille, tous les habitants du monde,
gens du commun et gens de condition,
riches et pauvres ensemble!

Ma bouche énonce la sagesse,
et le murmure de mon cœur, l’intelligence;
je tends l’oreille à quelque proverbe,
je résous sur la lyre mon énigme.

Pourquoi craindre aux jours de malheur?
La malice me talonne et me cerne :
eux se fient à leur fortune,
se prévalent du surcroît de leur richesse.

Mais l’homme ne peut acheter son rachat
ni payer à Dieu sa rançon :
il est coûteux, le rachat de son âme,
et il manquera toujours pour que l’homme survive
et jamais ne voie la fosse.

Or, il verra mourir les sages,
périr aussi le fou et l’insensé,
qui laissent à d’autres leur fortune.

Leurs tombeaux sont à jamais leurs maisons,
et leurs demeures d’âge en âge ;
et ils avaient mis leur nom sur leurs terres!

L’homme dans son luxe ne comprend pas,
il ressemble au bétail muet.
Ainsi vont-ils, sûrs d’eux-mêmes,
et finissent-ils, contents de leur sort.

Troupeau que l’on parque au shéol,
la Mort les mène paître,
les hommes droits domineront sur eux.

Au matin s’évanouit leur image,
le shéol, voilà leur résidence!
Mais Dieu rachètera mon âme
des griffes du shéol, et me prendra.

Ne crains pas quand l’homme s’enrichit,
quand s’accroît la gloire de sa maison.
A sa mort, il n’en peut rien emporter,
avec lui ne descends pas sa gloire.

Son âme qu’en sa vie il bénissait
– et l’on te loue d’avoir pris soin de toi –
ira rejoindre la lignée de ses pères
qui plus jamais ne verront la lumière.

L’homme dans son luxe ne comprend pas,
il ressemble au bétail muet.