Avant, mais bien avant, il y a eu des êtres
Qui se mettaient en rond pour échapper aux loups
Et sentir leur chaleur ; ils devaient disparaitre,
Ils ressemblaient a nous.

Nous sommes réunis, nos derniers mots s’éteignent,
La mer a disparu
Une dernière fois quelques amants s’étreignent,
Le paysage est nu.

Au-dessus de nos corps glissent les ondes hertziennes,
Elles font le tour du monde
Nos cœurs sont presque froids, il faut que la mort [vienne,
La mort douce et profonde;
Bientôt les êtres humains s’enfuiront hors du monde.

Alors s’établira le dialogue des machines
Et l’informationnel remplira, triomphant,
Le cadavre vide de la structure divine;
Puis il fonctionnera jusqu’à la fin des temps.

Houellebecq, Le Sens du combat, 1996

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