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C’est la petite misère
avec tes yeux gris
avec ton blouson vert
comme un chat dans la nuit
Va pas t’tailler les veines
Va pas couler avec la Seine

C’est la petite misère
Va pas t’foutre en l’air
sur la ligne aérienne
Un ticket de métro
c’est quand même pas Cayenne
T’en ferais pas un peu trop

C’est la petite misère
Ne plus te voir ce soir
Dormir dans nos caravanes
dans la ville d’en bas
on attend notre tour
pour un autre départ

Nous sommes faits d’atomes
et d’électricité
Le cœur marche et puis il s’arrête
Nous sommes faits d’atomes
Un somme nous arrête

C’est la petite misère
Que tu me prends la tête
Trois Pater, deux Ave
une enfant dépravée
Tous les gens vont au lit
Des rêves flingués dans la tête

C’est la petite misère
Un peu plus bas que terre
Prisonniers de nos clés
de nos corps déréglés
c’est la petite misère
Quand tu t’en vas bien trop loin

C’est la petite misère
mais c’est bien toi que j’aime
Ne te moque pas
Ne prends pas ces grands airs
c’est la porte à coté
celle du cimetière

Nous sommes faits d’atomes
et d’électricité
et le cœur marche et puis il s’arrête
Nous sommes faits d’atomes
Personne nous arrête
La vie est bien trop courte
pour que l’on regrette

C’est la petite misère
C’est vraiment pas de veine
avec ta dégaine
Sur la ligne aérienne
ta gueule de second rôle
C’est quand même pas la taule

C’est la petite misère
Je peux conduire comme James Dean
les yeux fermés sous la pluie
dans le désert de Paris
dans le désert de Paris

***
Raphael Haroche, Pacific 231, 2010

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Regardez cet animal à l’intérieur de la cage que vous lui avez fabriquée :
Êtes-vous certain de savoir de quel côté vous vous trouvez ?
Vous feriez mieux de ne pas le regarder dans les yeux de trop près :
Êtes-vous certain de savoir de quel côté du miroir vous vous trouvez ?
Regardez la vie saine et sûre que vous vous êtes créée :
Tout est exactement à sa place.
Ressentez-vous cette vanité qui est au fond de votre coeur ?
Tout est
Exactement à sa place.

Et si tout ce qui vous entoure
N’était pas vraiment comme vous l’imaginez ?
Et si tout ce que vous pensez connaître du monde
N’était qu’un rêve très détaillé ?
Si vous jetez un oeil à votre propre reflet
Est-ce là tout ce que vous en attendez ?
Et si vous pouviez regardez à travers les fissures
Ne vous retrouveriez-vous pas, vous-même,
Ne vous retrouveriez-vous pas, vous-même, effrayé par ce que vous y verriez ?

Et si le monde entier était à l’intérieur de votre tête
Tout simplement créé par votre esprit,
Vos démons et vos dieux,
Tout ce qui est vivant et mort,
Et qu’en réalité, vous étiez complètement seul ?
Vous pourriez vivre dans cette illusion,
Vous êtes libre d’y croire,
Vous persistez à vouloir y voir clair, mais ne pouvez pas voir les bois
Si vous restez caché au milieu des arbres de la forêt.

***

See the animal in his cage that you built
Are you sure what side you’re on?
Better not look him too closely in the eye
Are you sure what side of the glass you are on?
See the safety of the life you have built
Everything where it belongs
Feel the hollowness inside of your heart
And it’s all
Right where it belongs

What if everything around you
Isn’t quite as it seems?
What if all the world you think you know
Is an elaborate dream?
And if you look at your reflection
Is it all you want it to be?
What if you could look right through the cracks?
Would you find yourself
Find yourself afraid to see?

What if all the world’s inside of your head
Just creations of your own?
Your devils and your gods
All the living and the dead
And you’re really all alone?
You can live in this illusion
You can choose to believe
You keep looking but you can’t find the woods
While you’re hiding in the trees


***

Trent Reznor, Nine Inch Nails, album « With Teeth », 2001 – traduction maison.


La mer qu’on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d’argent, la mer
Des reflets changeants sous la pluie

La mer au ciel d’été confond ses blancs moutons
Avec les anges si purs, la mer
Bergère d’azur infinie

Voyez près des étangs ces grands roseaux mouillés
Voyez ces oiseaux blancs et ces maisons rouillées

La mer les a bercé le long des golfes clairs
Et d’une chanson d’amour, la mer
A bercé mon coeur pour la vie

La mer qu’on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d’argent, la mer
Des reflets changeants sous la pluie

La mer au ciel d’été confond ses blancs moutons
Avec les anges si purs, la mer
Bergère d’azur infinie

Voyez près des étangs ces grands roseaux mouillés
Voyez ces oiseaux blancs et ces maisons rouillées

La mer les a bercé le long des golfes clairs
Et d’une chanson d’amour, la mer
A bercé mon coeur pour la vie

Fog

…….

There’s a little child
Running round this house
And he never leaves
He will never leave
And the fog comes up
From the sewers and
Glows
In
The dark

…….

Baby alligators
In the sewers
Grow up fast
Grow up fast
Anything you want
It can be
Done
How
Did you go bad ?
Did you go bad ?
Did you go bad ?
Somethings will never wash away
Did you go bad ?
Did you go bad ?

Brume

…….

Il y a un petit enfant
Qui court autour de sa maison
Sans jamais partir
Il ne partira jamais
Et par les égouts
Monte la brume qui
Brille
Dans
Le noir

…….

Dans les égouts
Les bébés alligators
Grandissent vite
Grandissent vite
Tout ce que tu souhaites
Peut devenir
Réel
Comment
En es-tu arrivé là ?
En es-tu arrivé là ?
En es-tu arrivé là ?
Il y a des taches qui ne s’effaceront jamais
En es-tu arrivé là ?
En es-tu arrivé là ?

***

Radiohead, texte de Thom Yorke, traduction maison – la vidéo n’est pas de Radiohead – source photo

Now I’ve heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you?
It goes like this
The fourth, the fifth
The minor fall, the major lift
The baffled king composing Hallelujah

Your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew you
She tied you
To a kitchen chair
She broke your throne, and she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah

Baby I have been here before
I know this room, I’ve walked this floor
I used to live alone before I knew you.
I’ve seen your flag on the marble arch
Love is not a victory march
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah

There was a time you let me know
What’s really going on below
But now you never show it to me, do you?
And remember when I moved in you
The holy dove was moving too
And every breath we drew was Hallelujah

You say I took the name in vain
I don’t even know the name
But if I did, well really, what’s it to you?
There’s a blaze of light
In every word
It doesn’t matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah

I did my best, it wasn’t much
I couldn’t feel, so I tried to touch
I’ve told the truth, I didn’t come to fool you
And even though
It all went wrong
I’ll stand before the Lord of Song
With nothing on my tongue but Hallelujah

***

J’ai entendu parler d’un accord secret
Que David jouait pour charmer le Seigneur,
Mais tu ne t’intéresses pas vraiment à la musique, n’est-ce pas ?
Cette chanson se joue ainsi :
La quarte, la quinte,
La tierce mineure diminuée, et la majeure augmentée,
Et voici le roi déchu qui compose  son Hallelujah.

Ta foi était grande, mais tu cherchais une preuve
Tu la vis se baigner sur le toit
Sa beauté et le clair de lune te bouleversèrent
Elle t’attacha
Dans la cuisine, sur une chaise
Elle renversa ton trône, elle coupa tes cheveux
Et de tes lèvres elle fit naître le Hallelujah

Mon amour, je suis déjà venu ici
Je connais cette chambre, j’ai marché sur ce sol
Je vivais seul avant de te rencontrer
J’ai vu ton drapeau sur l’arche de marbre
L’amour n’est pas une marche de victoire
C’est un Hallelujah froid et brisé

A une époque, tu me faisais savoir
Ce qui se passait vraiment ici bas
Mais à présent, tu ne le fais plus, n’est-ce pas ?
Et souviens-toi du temps où j’évoluais en ton sein
Avec la sainte colombe
Tandis que chacun de nos souffles était un Hallelujah

Tu dis que j’ai employé le Nom en vain
Mais je ne connais même pas le Nom
Et si je le savais, pour tout dire, qu’est-ce que ça te ferait ?
Un incendie de lumière
Habite chaque mot
Et peu importe que tu y aies entendu
Le saint Hallelujah ou celui qui a été brisé

J’ai fait de mon mieux, ce n’était pas grand chose
Incapable de sentir, j’ai tenté d’atteindre
J’ai dit la vérité, sans vouloir te tromper
Et même
Si tout a mal tourné
Je me tiendrai debout devant le le Seigneur du Chant
Et je n’aurai sur le bout de la langue qu’un Hallelujah

***

Leonard Cohen – Hallelujah, album Various Positions, 1984 – traduction maison (j’ai fait de mon mieux, c’est pas toujours terrible, mais mieux que les traductions mot à mot qu’on trouve ailleurs non ? en tout cas j’accepte les reproches et les propositions). Je ne peux résister à ajouter en bonus la superbe version de Jeff Buckley, dont les paroles sont cependant différentes à la fin :

Pour les patriarches nostalgiques, un grand tube des années 1270 : 1, 2, 3, 4 musique !

Je muir, je muir d’amourete,
Las! ai mi
Par defaute d’amiete
De merchi.
A premiers la vi douchete;
Je muir, je muir d’amourete,
D’une atraitant manierete
A dont la vi,
Et puis la truis si fierete
Quant li pri.
Je muir, je muir d’amourete,
Las! ai mi
Par defaute d’amiete
De merchi.

***

Je meurs, je meurs d’amourette,
Hélas ! aïe, pauvre de moi !
Car je n’ai pas de petite amie,
Par misère.
Tout d’abord je la trouvai toute tendre ;
Je meurs, je meurs d’amourette,
D’une façon toute violente,
Depuis que je la vis ;
Puis je la trouvai si farouche
Lorsque je la suppliai.
Je meurs, je meurs d’amourette,
Hélas ! aïe, pauvre de moi !
Car je n’ai pas de petite amie,
Par misère.

***

Adam de la Halle, rondeau, « Je muir d’amourete » – traduction maison. Si quelqu’un propose mieux, preuves à l’appui, je prends.

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche,
J’étais vain et c’est bien c’que contenaient mes poches,
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne,
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
J’étais mort et tu m’as ramené à la vie,
Je disais « j’ai, ou je n’ai pas » ; tu m’a appris à dire « je suis »,
Tu m’as dit : « le noir, l’arabe, le blanc ou le juif sont à l’homme ce que les fleurs sont à l’eau »…

Oh toi que j’aime, eh toi, que j’aime.
J’ai traversé tant d’avenues, tellement attendu ta venue
Qu’à ta vue, je ne savais plus si c’était toi, si c’était moi
Si c’était toi, Eh, toi que j’aime je crée ton nom
Dans le désert des villes que j’traversais car
Sûr de ton existence, je savais que tu m’entendrais…
Eh, toi, que j’aime, Oh, toi… que j’aime

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche,
J’étais vain et c’est bien c’que contenaient mes poches,
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne,
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
J’étais mort et tu m’as ramené à la vie :
Je disais « j’ai, ou je n’ai pas » ; tu m’a appris à dire « je suis »,
Tu m’as dit: « le noir, l’arabe, le blanc ou le juif sont à l’homme ce que les fleurs sont à l’eau »…

Oh, toi que j’aime et toi, que j’aime
Ni la rue, ni les drames, ne m’ont voilé à ta vue
Même au plus bas, même quand j’disais que tout était foutu!
Je t’aimais comme si je te voyais,
Car si je ne te voyais pas, je savais que j’étais vu par toi,
Eh, toi que j’aime… Tu es un lion et ton coeur est un soleil,
L’ultime secours de ceux perdus dans leur sommeil,
Eh, toi, que j’aime, Oh, toi… que j’aime

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche,
J’étais vain et c’est bien c’que contenaient mes poches,
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne,
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
Tu es, tu es l’alchimiste de mon coeur
Eh, toi, que j’aime, Oh, toi… que j’aime,
Eh…. oh, toi que j’aime…

***

Abd Al Malik, « L’Alchimiste », album Gibraltar, 2006

Comme il ne faut pas oublier que les chanteurs, disons les auteurs-compositeurs, sont aussi des poètes, et qui plus est, au sens le plus traditionnel du terme, je vais me mettre à poster aussi quelques chansons. Il faudrait regarder la vidéo jusqu’au bout : à la fin, cela donne une idée de ce qu’était le furor antique !

Comme un éclat de rire
Vient consoler tristesse
Comme un souffle à venir
Vient raviver les braises
Comme un parfum de souffre
Qui fait naître la flamme
Jeunesse lève toi

Contre la vie qui va qui vient
Puis qui s’éteint
Contre l’amour qu’on prend qu’on tient
Mais qui tient pas
Contre la trace qui s’efface
Derrière soi
Jeunesse lève-toi

Moi contre ton épaule
Je repars à la lutte
Contre les gravités
qui nous mènent à la chute
Pour faire du bruit encore
A réveiller les morts
Pour redonner éclat
A l’émeraude en toi

Pour rendre au crépuscule
La beauté des aurores
Dis moi qu’on brûle encore
Dis-moi que brûle encore
Cet espoir que tu tiens
Parce que tu n’en sais rien
De la fougue et du feu
Que je vois dans tes yeux
Jeunesse lève toi

Quand tu vois comme on pleure
A chaque rue sa peine
Comment on nous écoeure
Perfusion dans la veine
A l’ombre du faisceau
Mon vieux tu m’auras plus
Ami dis quand viendra la crue

Contre courant toujours sont les contre-cultures
Au gré des émissions leurs gueules de vide-ordures
Puisque s’en est sonnée la mort du politique
L’heure est aux rêves
Aux utopies

Pour faire nos ADN
Un peu plus équitables
Pour faire de la poussière
Un peu plus que du sable
Dans ce triste pays
Tu sais un jour ou l’autre
Faudra tuer le père
Faire entendre ta voix
Jeunesse lève toi

Au clair de lune indien
Toujours surfer la vague
A l’âme au creux des reins
Faut aiguiser la lame
Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre
De ton triste sommeil je t’en prie libère-toi

Puisqu’ici il faut faire des bilans et du chiffre
Sont nos amours toujours au bord du précipice
N’entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts
Ne vois tu pas le ciel à la portée des doigts
Jeunesse lève toi

Comme un éclat de rire
Vient consoler tristesse,
Comme un souffle à venir
Vient raviver les braises
Comme un parfum de souffre
Qui fait naître la flamme
Quand plongé dans le gouffre on sait plus où est l’âme
Jeunesse lève toi

Contre la vie qui va qui vient
Puis qui nous perd
Contre l’amour qu’on prend qu’on tient
Puis qu’on enterre
Contre la trace qui s’efface
Derrière soi
JEUNESSE LÈVE-TOI

Au clair de lune indien
Toujours surfer la vague
A l’âme
Au creux des reins
Faut aiguiser la lame
Puisqu’ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre
De ton triste coma, je t’en prie libère-toi
Puisqu’ici il faut faire des bilans et du chiffre
Sont nos amours toujours au bord du précipice
N’entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts
A la mémoire de ceux qui sont tombés pour toi
Jeunesse lève toi

***

Damien Saez, album Paris-Varsovie-Alhambra, 2008

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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