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quand j’écris le premier vers527955092_55647469_52157480
j’ignore tout du deuxième
j’allais dire du second
voici déjà le quatrième

là quatrain c’est le second
il n’y a pas de troisième
les tercets bientôt viendront
si le courage m’entraîne

et je commence un tercet
mû par la nécessité
d’aller au bout du sonnet

au fond ce n’est pas chinois
n’importe qui a le choix
de pratiquer comme moi

***

Jean-Claude Pirotte (1939-2014), Gens sérieux s’abstenir, Ed° Le Castor Astral, 2014

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En montagne, le plus court chemin va de sommet en sommet : mais tu dois avoir de longues jambes si tu veux l’emprunter. Il faut que les sentences soient des sommets : et ceux à qui l’on parle, gens de haute taille et d’allure élancée.

Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, partie 1, ch. « de la lecture et de l’écriture »

 

La sirène a retenti Les ouvriers aux traits tirés
se tiennent debout derrière leurs machines délabrées
sous les panneaux interdisant de dire Les moteurs toussent
les roues commencent à tourner une série d’images et de clichés
s’égrène sur la chaîne de montage
et passe sous les yeux rougis
des vérificateurs Chaque mot est approché de la lumière
tourné et retourné inspecté de tous côtés
avant d’être ajusté aux phrases et aux structures
puis transmis aux manœuvres qui soudent
les adjectifs aux noms
Un vieux travailleur se penche en fronçant les sourcils
un sens a failli s’égarer il l’écarte adroitement
sans se faire remarquer et d’un coup de pied
l’envoie sous la machine

 

***

« L’usine de poésie » de Keith Barnes, dans Né sous les éclats des vitres, 1967

Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal
Prenez des ciseaux
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Copiez consciencieusement.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voici un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

***

Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer. – 1921

Illustration : Dali, Portrait de Mae West en appartement surréaliste

Bon dieu de bon dieu que j’ai envie d’écrire un petit poème.
Tiens, en voilà justement un qui passe
Petit petit petit
Viens ici que je t’enfile
sur le collier de mes autres poèmes
Viens ici que je t’entube
dans le comprimé de mes œuvres complètes
Viens ici que je t’enpapouète
Et que je t’enrime
Et que je t’enrythme
Et que je t’enlyre
Et que je t’enpégase
Et que je t’enverse
Et que je t’enprose
La vache
il a foutu le camp

***

Raymond Queneau, L’Instant fatal, 1948

– J’aime la vie ! Je déteste la vie !
Je crois en Dieu ! Dieu est un non-sens !
Je vais me suicider ! Je veux vivre !
– Êtes-vous fou ?
– Non, je suis un poète.

 

***

Mario Quintana (1906 – 1994)

Monsieur,

Je vous écris pour vous dire que j’ai beaucoup aimé votre livre. Et je ne suis pas la seule : à la maison, tout le monde l’a adoré.

Surtout Anita, ma petite sœur. Elle le traîne partout avec elle. Elle couche même avec. Et quand elle prend un bain, elle le jette dans la baignoire. Elle dit que c’est un sous-marin.

Mes parents, eux, l’ont trouvé tellement bien qu’ils en ont acheté chacun une dizaine d’exemplaires. Ils se les envoient à la figure quand ils ont une scène de ménage. Ils disent que c’est mieux que des assiettes parce que ça peut resservir plusieurs fois.

Moi, dans votre livre, ce que je préfère, c’est la page 142. C’est là que j’élève mes asticots pour la pêche. J’ai tartiné toute la page avec du camembert et j’ai attendu que ça moisisse. Les asticots adorent.

Finalement, il n’y a que mon grand-père qui n’aime pas votre livre. C’est de sa faute aussi : il l’a lu. Quelle drôle d’idée !

Avec toute mon admiration.

***

Bernard Friot, Histoires pressées

Philis, je ne suis plus des rimeurs de ce siècle
Qui font pour un sonnet dix jours de cul de plomb
Et qui sont obligés d’en venir aux noms propres
Quand il leur faut rimer ou sur coiffe ou sur poil.

Je n’affecte jamais rime riche ni pauvre,
De peur d’être contraint de suer comme un porc,
Et hais plus que la mort ceux dont l’âme est si faible
Que d’exercer un art qui fait qu’on meurt de froid.

Si je fais jamais vers, qu’on m’arrache les ongles,
Qu’on me traîne au gibet, que j’épouse une vieille,
Qu’au plus fort de l’été je languisse de soif,

Que tous les mardi-gras me soient autant de jeûnes,
Que je ne goûte vin non plus que fait le Turc,
Et qu’au fond de la mer on fasse mon sépulcre.

à Jean COctO OPOETIC quels crimes ne
cOmmet-On pas
en tOn nOm !

Il y avait une fOis des pOètes qui parlaient la bOuche en rOnd
ROnds de saucissOn ses beaux yeux et fumée
Les cheveux d’Ophélie Ou celle parfumée
D’Orphée
Tu rOtes des rOnds de chapeau pOur trOuver une rime en ée
aiguë cOmme des dents qui grignOteraient tes vers
BOuche bée
Puisque tu fumes pOurquOi ne répètes-tu fumée
C’est trOp facile Ou c’est trOp difficile
Les 7 PiOns et les Dames sOnt là pOur les virgules
Oh POE sie
Ah ! Oh !
CacaO

Puisque tu prends le tram pOurquOi n’écris-tu pas tramwée
VOis la grimace écrite de ce mOt bien francée
Le clOwn anglais la fait avec ses jambes
COmme l’AmOur l’Arétin
L’Esprit jalOuse l’affiche du cirque et les pOstures alphabétiques
de l’hOmme-serpent
Où sOnt les pOètes qui parlent la bOuche en rOnd ?

Il faut leur assOuplir les O s.
z
h
enfant
POESIE

***

BLAISE CENDRARS, Sonnets dénaturés, 1923.

Image de Martin Vidberg

Ni vu ni connu
Je suis le parfum
Vivant et défunt
Dans le vent venu!

Ni vu ni connu,
Hasard ou génie?
A peine venu
La tâche est finie!

Ni lu ni compris?
Aux meilleurs esprits
Que d’erreurs promises!

Ni vu ni connu,
Le temps d’un sein nu
Entre deux chemises!

(source photo)

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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