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L’action se passe au début du XIVème siècle. Discussion animée entre Ubertin de Casale et Guillaume de Baskerville, anciens inquisiteurs : le premier prétend qu’un certain Bentivenga a par le passé commis des crimes atroces qu’il aurait avoué sous la torture ; le second donne alors une opinion intéressante sur ce genre d’aveu :

– Il n’est qu’une seule chose qui excite les animaux plus que le plaisir, et c’est la douleur. Sous l’effet de la torture tu vis comme sous l’empire d’herbes qui donnent des visions. Tout ce que tu as entendu raconter, tout ce que tu as lu, te revient à l’esprit, comme si tu étais transporté, non pas vers le ciel, mais vers l’enfer. Sous la torture tu dis non seulement ce que veut l’inquisiteur, mais aussi ce que tu imagines qui peut lui être agréable, parce qu’il s’établit un lien – certes, vraiment diabolique ce lien-là – entre toi et lui… Je connais tout cela, Ubertin, j’ai fait partie moi aussi de ces groupes d’hommes qui croient produire la vérité avec le fer incandescent. Eh bien, sache-le, l’incandescence de la vérité est d’une autre flamme. Sous la torture, Bentivenga peut avoir dit les mensonges les plus absurdes, parce que ce n’était plus lui qui parlait, mais sa luxure, les démons de son âme.

– Sa luxure ?

– Oui, il y a une luxure de la douleur, comme il y a une luxure de l’adoration et même une luxure de l’humilité.

***

Extrait : Eco, Le Nom de la Rose, 1980, Le Livre de poche, « premier jour », « sexte », p. 69

Illustration : Sean Connery (Guillaume de Baskerville) et Christian Slater (Adso de Melk) dans Le Nom de la Rose, Jean-Jacques Annaud, 1986

Qu’est-ce pour nous, mon cœur, que les nappes de sang
Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris
De rage, sanglots de tout enfer renversant
Tout ordre ; et l’Aquilon encor sur les débris

Et toute vengeance ? Rien !… — Mais si, toute encor,
Nous la voulons ! Industriels, princes, sénats,
Périssez ! puissance, justice, histoire, à bas !
Ça nous est dû. Le sang ! le sang ! la flamme d’or !

Tout à la guerre, à la vengeance, à la terreur,
Mon esprit ! Tournons dans la Morsure : Ah ! passez,
Républiques de ce monde ! Des empereurs,
Des régiments, des colons, des peuples, assez !

Qui remuerait les tourbillons de feu furieux,
Que nous et ceux que nous nous imaginons frères ?
À nous ! Romanesques amis : ça va nous plaire.
Jamais nous ne travaillerons, ô flots de feux !

Europe, Asie, Amérique, disparaissez.
Notre marche vengeresse a tout occupé,
Cités et campagnes ! — Nous serons écrasés !
Les volcans sauteront ! et l’océan frappé…

Oh ! mes amis ! — mon cœur, c’est sûr, ils sont des frères :
Noirs inconnus, si nous allions ! allons ! allons !
Ô malheur ! je me sens frémir, la vieille terre,
Sur moi de plus en plus à vous ! la terre fond,

Ce n’est rien ! j’y suis ! j’y suis toujours.

***

Photo : Richard Lam – Le Baiser de Vancouver. La photo a été prise pendant des émeutes, sans mise en scène.

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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