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Qu’est ce que cela ? Prodige ! Mes mains fleurissent.
Des roses, des roses, des roses poussent sur mes doigts
Mon amant me baisa les mains, et en elles,
Oh, grâce ! Des roses ont jailli comme des étoiles.

Et je vais par le sentier en criant le charme à tue tête,
et dans le bonheur le sourire alterne avec les pleurs
et sous le miracle de mon enchantement
se parfument de roses les ailes du vent.

Et les gens qui passent murmurent en me voyant :
« Ne voyez vous pas qu’elle est folle ? Qu’elle rentre chez elle.
Elle dit que des roses ont poussé de ses mains
et elle les va agitant comme des papillons ! »

Ah, bien pauvres les gens qui n’entendent jamais rien à
un miracle de ce genre, qui ne comprennent seulement
que ne naissent les roses que sur les rosiers
et qu’il n’y a de blé que celui des champs de blé !

Qui ont besoin de lignes, de couleur, de forme,
et qui n’admettent que la réalité pour norme.
Qui, quand l’un se prend à dire : « J’y vais avec douceur »
se mettent à la chercher immédiatement.

Qu’ils me disent folle, qu’ils me jettent en cellule,
qu’avec sept clés ils ferment la porte,
qu’ils mettent un chien pour monter la garde,
geôlier rude, geôlier fidèle.

Je chanterai le même chant :  » Mes mains fleurissent.
Des roses, des roses, des roses poussent sur mes doigts »
et toute ma cellule aura la fragrance
d’un immense bouquet de roses de France !

***

Traduction de Racbouni

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comme une aile noire j’ai déployé ma chevelure
sur tes genoux.

Fermant les yeux tu as humé son odeur,
et tu m’as demandé alors :

« Dors tu sur des pierres couvertes de mousse ?
Attaches tu tes tresses avec des branches de saules?
Ton coussin est il fait de trèfle ? Ta chevelure est elle si noire
parce que tu y as ecrasé un épais et sombre jus de baies sauvages ?
Quel parfum étrange et frais t’entoures !
Tu sens les ruisselets, la terre, les forêts.
Quel parfum utilises tu ? » Et en riant je t’ai dit :

« Aucun, aucun, aucun !
Je t’aime et je suis jeune, je sens le printemps.
Cette odeur que tu sens est celle d’une chair ferme,
de joues claires et du sang neuf.
Je te veux et je suis jeune, voilà pourquoi j’ai
les mêmes parfums que le printemps !  »

***

Traduction de Racbouni

– J’aime la vie ! Je déteste la vie !
Je crois en Dieu ! Dieu est un non-sens !
Je vais me suicider ! Je veux vivre !
– Êtes-vous fou ?
– Non, je suis un poète.

 

***

Mario Quintana (1906 – 1994)

A Fernando Vela

Sous les multiplications
il y a une goutte de sang de canard ;
sous les divisions
il y a une goutte de sang de marin ;
sous les additions, un fleuve de sang tendre.
Un fleuve qui avance en chantant
par les chambres des faubourgs,
qui est argent, ciment ou brise
dans l’aube menteuse de New York.
Les montagnes existent. Je le sais.
Et les lunettes pour la science.
Je le sais. Mais je ne suis pas venu voir le ciel.
Je suis venu voir le sang trouble,
Le sang qui porte les machines aux cataractes
et l’esprit à la langue du cobra.
Tous les jours on tue à New York
quatre millions de canards,
cinq millions de porcs,
deux mille pigeons pour le plaisir des agonisants,
un million de vaches,
un million d’agneaux
et deux millions de coqs,
qui font voler les cieux en éclats.
Mieux vaut sangloter en aiguisant son couteau
ou assassiner les chiens
dans les hallucinantes chasses à courre
que résister dans le petit jour
aux interminables trains de lait,
aux interminables trains de sang,
et aux trains de roses aux mains liées
par les marchands de parfums.
Les canards et les pigeons,
les porcs et les agneaux
mettent leurs gouttes de sang
sous les multiplications,
et les terribles hurlements des vaches étripées
emplissent de douleur la vallée
où l’Hudson s’enivre d’huile.
Je dénonce tous ceux
qui ignorent l’autre moitié,
la moitié non rachetable
qui élève ses montagnes de ciment
où battent les coeurs
des humbles animaux qu’on oublie
et où nous tomberons tous
à la dernière fête des tarières.
Je vous crache au visage.
L’autre moitié m’écoute
dévorant, chantant, volant dans sa pureté,
comme les enfants des conciergeries
qui portent de fragiles baguettes
dans les trous où s’oxydent
les antennes des insectes.
Ce n’est pas l’enfer, c’est la rue.
Ce n’est pas la mort, c’est la boutique de fruits.
Il y a un monde de fleuves brisés et de distances insaisissables
dans la petite patte de ce chat
cassée par l’automobile,
et j’entends le chant du lombric
dans le coeur de maintes fillettes.
Oxyde, ferment, terre secouée.
Terre toi-même qui nage
dans les nombres de l’officine.
Que vais-je faire ? mettre en ordre les paysages ?
Mettre en ordre les amours qui sont ensuite photographies,
Qui sont ensuite morceaux de bois et bouffées de sang?
Non, non, non, non ; je dénonce.
Je dénonce la conjuration
de ces officines désertes
qui n’annoncent pas à la radio les agonies,
qui effacent les programmes de la forêt,
et je m’offre à être mangé par les vaches étripées
quand leurs cris emplissent la vallée
où l’Hudson s’enivre d’huile.

***

Garcia Lorca, Un poête à new York, « Officine et dénonciation »,
tr. fr. Pierre Darmangeat modifiée, Gallimard, 1961.
Crédits photo

Erase Una Vez
un lobito bueno
al que maltrataban
todos los corderos

…..

Y había también
un príncipe malo,
una bruja hermosa
y un pirata honrado.

….

Todas estas cosas
había una vez
cuando yo soñaba
un mundo al revés.

Il était une fois
un gentil louveteau
qui était maltraité
par tous les moutons.

….

Et il y avait aussi
un méchant prince
une belle sorcière
et un pirate généreux

….

Toutes ces personnes
étaient une fois
lorsque je rêvais
d’un monde à l’envers

Qu’avez vous fait, vous, les gidiens,
les cérébraux, les rilkéens,
les mystériens, les faux sorciers
exitentiels, vous, les pavots
surréalistes qui flambiez
sur une tombe, les cadavres
de la mode européisés,
les blancs asticots du fromage
capitaliste, qu’avez-vous fait
devant le règne de l’angoisse,
devant cet obscur être humain
cette présence piétinée,
cette tête qu’on enfonçait
dans le fumier, cette nature,
de rudes vies foulées aux pieds ?
Vous avez pris la poudre d’escampette
pour vendre vos monceaux d’ordure,
pour chercher des cheveux célestes,
la plante lâche, l’ongle ébréché,
la « Beauté pure », le « sortilège »,
des oeuvres de pauvres capons
pour que les yeux s’évadent, pour
que les délicates pupilles
s’embrouillent, pour survivre
avec ce plat de rogatons
que vous ont jeté les seigneurs,
sans voir la pierre à l’agonie,
sans protéger, sans conquérir,
plus aveugles que les couronnes
du cimetière, quand la pluie
tombe sur les fleurs immobiles,
les fleurs pourries des sépultures.
Qué hicisteis vosotros gidistas,
intelectuales, rilkistas,
misterizantes, falsos brujos
existenciales, amapolas
surrealistas encendidas
en una tumba, europeizados
cadáveres de moda,
pálidas lombrices del queso
capitalista, qué hicisteis
ante el reinado de la angustia,
frente a este oscuro ser humano,
a esta pateada compostura,
a esta cabeza sumergida
en el estiércol, a esta esencia
de ásperas vidas pisoteadas?
No hicisteis nada sino la fuga:
vendisteis hacinado detritus,
buscasteis cabellos celestes,
plantas cobardes, uñas rotas,
«belleza pura», «sortilegio»,
obra de pobres asustados
para evadir los ojos, para
enmarañar las delicadas
pupilas, para subsistir
con el plato de restos sucios
que os arrojaron los señores,
sin vender la piedra en agonía,
sin defender, sin conquistar,
más ciegos que las coronas
del cementerio, cuando cae
la lluvia sobre las inmóviles
flores podridas de las tumbas.

***

Pablo Neruda, Chant Général, V, 2, 1950



« Pero el 2 no ha sido nunca un número
es una angustia y su sombra… »
Pequeño poema infinito

« Mais le 2 n’a jamais été un numéro
Parce qu’il est une angoisse et son ombre… »
Petit Poème Infini

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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