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Yo soy La Locura
la que sola infundo
placer y dulzura
y contento al mundo.

Sirven a mi nombre
todos mucho o poco
y no, no hay hombre
que piense ser loco.

***

Je suis La Folie
celle qui insuffle à elle seule
le plaisir, la douceur
et le bonheur dans le monde.

Ils servent tous
mon nom, peu ou prou
et pourtant, personne
ne se considère fou.

***

(Traduction perso, remarques bienvenues)

(Henry de Bailly est le compositeur de la musique, j’ignore s’il a écrit le texte)

[…] tout dans la nature prenait des aspects nouveaux, et des voix secrètes sortaient de la plante, de l’arbre, des animaux, des plus humbles insectes, pour m’avertir et m’encourager. Le langage de mes compagnons avait des tours mystérieux dont je comprenais le sens, les objets sans forme et sans vie se prêtaient eux-mêmes aux calculs de mon esprit; – des combinaisons de cailloux, des figures d’angles, de fentes ou d’ouvertures, des découpures de feuilles, des couleurs, des odeurs et des sons je voyais ressortir des harmonies jusqu’alors inconnues. « Comment, me disais-je, ai-je pu exister si longtemps hors de la nature et sans m’identifier à elle? Tout vit, tout agit, tout se correspond; les rayons magnétiques émanés de moi-même ou des autres traversent sans obstacle la chaîne infinie des choses créées; c’est un réseau transparent qui couvre le monde, et dont les fils déliés se communiquent de proche en proche aux planètes et aux étoiles. Captif en ce moment sur la terre, je m’entretiens avec le choeur des astres, qui prend part à mes joies et à mes douleurs! »

***

Gérard de Nerval, Aurélia ou le rêve et la vie, II, 5, 1855

Tableau : Gustave Moreau, Les Licornes, 1885

Théophile Gautier était membre d’une confrérie qui se livrait à des expériences, disons, sur l’esprit, en consommant par voie orale des quantités énormes (apparemment, plus de 30 grammes d’un coup) de haschisch. Je précise qu’ils ont vite cessé : « le littérateur n’a besoin que de ses rêves naturels », conclut sagement Gautier. Récit de son premier essai : après l’extase, l’expérience tourne mal, Gautier ne se sent pas très bien (c’est peu dire), il tente de partir (je crois qu’en plus, il a un rendez-vous…).

Je me levai avec beaucoup de peine et me dirigeai vers la porte du salon, que je n’atteignis qu’au bout d’un temps considérable, une puissance inconnue me forçant de reculer d’un pas sur trois. À mon calcul, je mis dix ans à faire ce trajet.
Daucus-Carota* me suivait en ricanant et marmottait d’un air de fausse commisération :
« S’il marche de ce train-là, quand il arrivera, il sera vieux. »
J’étais cependant parvenu à gagner la pièce voisine dont les dimensions me parurent changées et méconnaissables. Elle s’allongeait, s’allongeait… indéfiniment. La lumière, qui scintillait à son extrémité, semblait aussi éloignée qu’une étoile fixe.
Le découragement me prit, et j’allais m’arrêter, lorsque la petite voix me dit, en m’effleurant presque de ses lèvres :
« Courage ! elle t’attend à onze heures. »
Faisant un appel désespéré aux forces de mon âme, je réussis, par une énorme projection de volonté, à soulever mes pieds qui s’agrafaient au sol et qu’il me fallait déraciner comme des troncs d’arbres. Le monstre aux jambes de mandragore m’escortait en parodiant mes efforts et en chantant sur un ton de traînante psalmodie :
« Le marbre gagne ! le marbre gagne ! » En effet, je sentais mes extrémités se pétrifier, et le marbre m’envelopper jusqu’aux hanches comme la daphné des Tuileries ; j’étais statue jusqu’à mi-corps, ainsi que ces princes enchantés des Milles et une nuits.
Mes talons durcis résonnaient formidablement sur le plancher : j’aurais pu jouer le Commandeur dans Don Juan.
Cependant j’étais arrivé sur le palier de l’escalier que j’essayai de descendre ; il était à demi éclairé et prenait à travers mon rêve des proportions cyclopéennes et gigantesques. Ses deux bouts noyés d’ombre me semblaient plonger dans le ciel et l’enfer, deux gouffres ; en levant la tête, j’apercevais indistinctement, dans une perspective prodigieuse, des superpositions de paliers innombrables, des rampes gravir comme pour arriver au sommet de la tour de Lylacq ; en la baissant, je pressentais des abîmes de degrés, des tourbillons de spirales, des éblouissements de circonvolutions.
« Cet escalier doit percer la terre de part en part, me dis-je en continuant ma marche machinale. Je parviendrai au bas le lendemain du jugement dernier. » Les figures des tableaux me regardaient d’un air de pitié, quelques-unes s’agitaient avec des contorsions pénibles, comme des muets qui voudraient donner un avis important dans une occasion suprême. On eût dit qu’elles voulaient m’avertir d’un piège à éviter, mais une force inerte et morne m’entraînait ; les marches étaient molles et s’enfonçaient sous moi, ainsi que des échelles mystérieuses dans les épreuves de maçonnerie. Les pierres gluantes et flasques s’affaissaient comme des ventres de crapauds ; de  nouveaux paliers, de nouveaux degrés, se présentaient sans cesse à mes pas résignés, ceux que j’avais franchis se replaçaient d’eux-mêmes devant moi.
Ce manège dura mille ans, à mon compte.

***

Théophile Gautier, Le Club des Hachichins [sic], 1846, chapitre VIII
*Daucus-Carota est une vision provoquée par l’hallucination

Ce poème est le dernier texte de Beckett, écrit en français environ un an avant sa mort, ultime expression du sentiment de l’absurdité de l’existence.

Folie —
folie que de —
que de —
comment dire —
folie que de ce —
depuis —
folie depuis ce —
donné —
folie donné ce que de —
vu —
folie vu ce —
ce —
comment dire —
ceci —
ce ceci —
ceci-ci —
tout ce ceci-ci —
folie donné tout ce —
vu —
folie vu tout ce ceci-ci que de —
que de —
comment dire —
voir —
entrevoir —
croire entrevoir —
vouloir croire entrevoir —
folie que de vouloir croire entrevoir quoi —
quoi —
comment dire —
et où —
que de vouloir croire entrevoir quoi où —
où —
comment dire —
là —
là-bas —
loin —
loin là là-bas —
à peine —
loin là là-bas à peine quoi —
quoi —
comment dire —
vu tout ceci —
tout ce ceci-ci —
folie que de voir quoi —
entrevoir —
croire entrevoir —
vouloir croire entrevoir —
loin là là-bas à peine quoi —
folie que d’y vouloir croire entrevoir quoi —
quoi —
comment dire —

comment dire

« Pero el 2 no ha sido nunca un número
es una angustia y su sombra… »
Pequeño poema infinito

« Mais le 2 n’a jamais été un numéro
Parce qu’il est une angoisse et son ombre… »
Petit Poème Infini

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

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Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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