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vous ne les verrez pas souvent
car où est la foule
ils
ne sont pas. 

ces gens bizarres, pas
nombreux
mais d’eux
proviennent
les rares
bons tableaux
les rares
bonnes symphonies
les rares
bons livres
et autres
œuvres.

et des
meilleurs des
étranges
peut-être
rien.

ils sont
leurs propres
tableaux
leurs propres
livres
leur propre
musique
leur propre
œuvre.

parfois je crois
les voir
eux – disons
un certain vieil
homme
assis sur un
certain banc
d’une certaine
façon

ou
un visage entrevu
croisé
dans une
automobile
qui passe

ou
un certain geste
des mains
d’un garçon ou d’une
fille
qui emballe les provisions
à la caisse d’un
supermarché.

parfois
c’est même quelqu’un
avec qui
on vit
depuis un certain
temps –
on remarque
un
regard
vif comme l’éclair
qu’on ne leur a
jamais vu
avant.

parfois
on ne remarque
leur
existence
que soudain
dans un
vif
souvenir
quelques mois
quelques années
après leur
départ.

je me rappelle
un cas
semblable-
il avait dans les
20 ans
soûl à
10 heures du matin
se regardait dans
une glace
fêlée
de La Nouvelle-Orléans

visage rêveur
contre les
murs du
monde


suis-je
allé?

you wont see them often
for wherever the crowds are
they
are not. 

these odd ones, not
many
but from them
come
the few
good paintings
the few
good symphonies
the few
good books
and other
works.

and from the
best of the
strange ones
perhaps
nothing.

they are
their own
paintings
their own
books
their own
music
their own
work.

sometimes i think
i see
them- say
a certain old
man
sitting on a
certain bench
in a certain
way

or
a quick face
going the other
way
in a passing
automobile

or
there’s a certain motion
of the hands
of a bag-boy or a bag-
girl
while packing
supermarket
groceries.

sometimes
it is even somebody
you have been
living with
for some
time-
you will notice
a
lightning quick
glance
never seen
from them
before.

sometimes
you will only note
their
existence
suddenly
in
vivid
recall
some months
some years
after they are
gone.

i remember
such a
one-
he was about
20 years old
drunk at
10 a.m.
staring into
a cracked
new orleans
mirror

face dreaming
against the
walls of
the world

where
did i
go?

Tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de toute la terre. Tous les peuples sont frères, et doivent s’aimer comme tels. Malheur à ces impies qui cherchent une gloire cruelle dans le sang de leurs frères, qui est leur propre sang. La guerre est quelquefois nécessaire, il est vrai ; mais c’est la honte du genre humain, qu’elle soit inévitable en certaines occasions. O rois, ne dites point qu’on doit la désirer pour acquérir de la gloire : la vraie gloire ne se trouve point hors de l’humanité. Quiconque préfère sa propre gloire aux sentiments de l’humanité est un monstre d’orgueil, et non pas un homme : il ne parviendra même qu’à une fausse gloire ; car la vraie ne se trouve que dans la modération et dans la bonté.

***

Fénelon, Les Aventures de Télémaque, 1694, livre IX

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

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Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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