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C’est la petite misère
avec tes yeux gris
avec ton blouson vert
comme un chat dans la nuit
Va pas t’tailler les veines
Va pas couler avec la Seine

C’est la petite misère
Va pas t’foutre en l’air
sur la ligne aérienne
Un ticket de métro
c’est quand même pas Cayenne
T’en ferais pas un peu trop

C’est la petite misère
Ne plus te voir ce soir
Dormir dans nos caravanes
dans la ville d’en bas
on attend notre tour
pour un autre départ

Nous sommes faits d’atomes
et d’électricité
Le cœur marche et puis il s’arrête
Nous sommes faits d’atomes
Un somme nous arrête

C’est la petite misère
Que tu me prends la tête
Trois Pater, deux Ave
une enfant dépravée
Tous les gens vont au lit
Des rêves flingués dans la tête

C’est la petite misère
Un peu plus bas que terre
Prisonniers de nos clés
de nos corps déréglés
c’est la petite misère
Quand tu t’en vas bien trop loin

C’est la petite misère
mais c’est bien toi que j’aime
Ne te moque pas
Ne prends pas ces grands airs
c’est la porte à coté
celle du cimetière

Nous sommes faits d’atomes
et d’électricité
et le cœur marche et puis il s’arrête
Nous sommes faits d’atomes
Personne nous arrête
La vie est bien trop courte
pour que l’on regrette

C’est la petite misère
C’est vraiment pas de veine
avec ta dégaine
Sur la ligne aérienne
ta gueule de second rôle
C’est quand même pas la taule

C’est la petite misère
Je peux conduire comme James Dean
les yeux fermés sous la pluie
dans le désert de Paris
dans le désert de Paris

***
Raphael Haroche, Pacific 231, 2010

Aujourd’hui, un grand classique de l’ironie…


Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :
Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres.
Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.
Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre.
On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir.
Il est si naturel de penser que c’est la couleur qui constitue l’essence de l’humanité, que les peuples d’Asie, qui font les eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu’ils ont avec nous d’une façon plus marquée.
On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez les nations policées, est d’une si grande conséquence.
Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?

***

Montesquieu, De l’esprit des lois, Livre XV, chapitre V.

Tableau : Le marché aux esclaves, Gustave Clarence Rodolphe Boulanger, v.1882

Je ne jalouse pas ces pompeux imbéciles
Qui s’extasient devant le terrier d’un lapin
Car la nature est laide, ennuyeuse et hostile ;
Elle n’a aucun message à transmettre aux humains.

Il est doux, au volant d’une puissante Mercedes,
De traverser des lieux solitaires et grandioses ;
Manoeuvrant subtilement le levier de vitesses
On domine les monts, les rivières et les choses.

Les forêts toutes proches glissent sous le soleil
Et semblent refléter d’anciennes connaissances ;
Au fond de leurs vallées on pressent des merveilles,
Au bout de quelques heures on est mis en confiance ;

On descend de voiture et les ennuis commencent.
On trébuche au milieu d’un fouillis répugnant,
D’un univers abject et dépourvu de sens
Fait de pierres et de ronces, de mouches et de serpents.

On regrette les parkings et les vapeurs d’essence,
L’éclat serein et doux des comptoirs de nickel ;
Il est trop tard. Il fait trop froid. La nuit commence.
La forêt vous étreint dans son rêve cruel.

***

Michel Houellebecq, La Poursuite du Bonheur, 1992

Que de sang dans ma mémoire ! Dans ma mémoire sont des lagunes. Elles sont couvertes de têtes de morts. Elles ne sont pas couvertes de nénuphars. Dans ma mémoire sont des lagunes. Sur leurs rives ne sont pas étendus des pagnes de femmes.
Ma mémoire est entourée de sang. Ma mémoire a sa ceinture de cadavres !
et mitraille de barils de rhum génialement arrosant nos révoltes ignobles, pâmoisons d’yeux doux d’avoir lampé la liberté féroce

(les nègres-sont-tous-les-mêmes, je-vous-le-dis
les vices-tous-les-vices, c’est-moi-qui-vous-le-dis
l’odeur-du-nègre, ça-fait-pousser-la-canne
rappelez-vous-le-vieux-dicton :
battre-un-nègre, c’est le nourrir)

***

Aimé Césaire, extrait du Cahier d’un retour au pays natal, 1939

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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