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Vu le soin* ménager* dont travaillé* je suis,
Vu l’importun souci qui sans fin me tourmente,
Et vu tant de regrets desquels je me lamente,
Tu t’ébahis souvent comment chanter je puis.

Je ne chante, Magny*, je pleure mes ennuis,
Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante;
Si bien qu’en les chantant, souvent je les enchante :
Voilà pourquoi, Magny, je chante jours et nuits.

Ainsi chante l’ouvrier en faisant son ouvrage,
Ainsi le laboureur faisant son labourage,
Ainsi le pèlerin regrettant sa maison,

Ainsi l’aventurier en songeant à sa dame,
Ainsi le marinier en tirant à la rame,
Ainsi le prisonnier maudissant sa prison.

***
Joachim Du Bellay, Les Regrets (1558), sonnet XII

– soin : synonyme de « souci ».
– ménager : concerne l’intendance, l’économie, la gestion de la vie quotidienne, fait référence à la profession de Du Bellay, qui était alors intendant à Rome auprès de son oncle et vivait cela comme un exil.
– synonyme de tourmenter ; cf. étymologie : du latin médiéval tripaliare « torturer », de tripalium « instrument de torture à trois pieux » (d’où l’impertinence de la « valeur travail »…).
– Magny est un autre poète français, qui est aussi à Rome.

Des portes de la prison,

Des marais, de plus loin que l’Okhta,

Par un chemin non foulé,

Par un pré non fauché,

Malgré la patrouille de nuit,

Aux sons du carillon de Pâques,

Sans invitation,

Sans préparation,

Viens dîner.

***

Anna Akhmatova, in Roseau

L’adolescence a des leçons en masse.
On apprend la grammaire aux sottes et aux sots.
Donc moi,
ils m’ont viré de la cinquième classe –
Ils m’ont jeté dans les prisons moscovites
Dans votre
petit univers
d’appartement
poussent des poètes frisés pour les alcôves.
Que peut-on dénicher dans ces bichons lyriques ?!
Moi,
j’ai appris
à aimer
aux Boutyriks.
que me font les regrets sur le Bois de Boulogne ?!
Que me font les soupirs sur l’infini des mers ?!
Moi, c’est
d’une agence de pompes funèbres
que je m’épris
par le judas de la cellule 103
Ceux qui voient le soleil tous les jours
s’en font accroire ;
« Que valent – disent-ils – ces rayons de rien du tout ? »
Mais moi –
pour un reflet
jaune sur la paroi
j’aurais alors donné tout au monde

***

Vladimir Maïakovski, A pleine voix, anthologie poétique 1915-1930, Poésie/Gallimard

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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