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Ceux qui dussent parler sont muts :
Les loyaux sont pour sots tenus ;
Je n’en vois nuls
Qui de bonté tiennent plus compte,
Vertus vont jus, péchés haut montent :
Ce vous est honte,
Seigneurs grands, moyens et menus.

Flatteurs sont grands gens devenus
Et à hauts états parvenus,
Entretenus,
Tant qu’il n’est rien qui les surmontent.
Ceux qui dussent parler sont muts.

Nous naquîmes pauvres et nus.
Les biens nous sont de Dieu venus,
Nos cas connus.
Lui sont pour vrai, je vous le conte ;
Pape, empereur, roi, duc ou comte
Tout se mécompte
Quand les bons ne sont soutenus,
Ceux qui dussent parler sont muts.

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Plus penser que dire
Me convient souvent,
Sans montrer comment
N’ à quoi mon cœur tire.

Feignant de sourire
Quand suis très dolent,
Plus penser que dire
Me convient souvent.

En toussant soupire
Pour secrètement
Musser mon tourment.
C’est privé martyre,
Plus penser que dire.

***

Musser : cacher
Dolent : très souffrant, très malheureux

Vous qui vivez à présent en ce monde
Et qui vivez souverains en vertu,
Vous est-il point de la mort souvenu ?
Vos pères sont en la fosse parfonde
Mangés des vers, sans lance et sans écu,
Vous qui vivez à présent en ce monde
Et qui régnez souverains en vertu.

Avisez-y et menez vie ronde,
Car en vivant serez froid et chanu,
Car en la fin mourrez dolent et nu.
Vous qui vivez à présent en ce monde
Et qui régnez souverains en vertu
Vous est-il point de la mort souvenu ?

***

Eustache  Deschamps (1340-1407?)
Tableau : Memling, autel portatif de Strasbourg, fin XVe siècle : la Mort et la Luxure
Voc :
parfonde : profonde
mener une vie ronde : mener une vie saine et sage
chanu : chenu, qui a les cheveux blancs de vieillesse, vieux
dolent : maladif, souffrant

Il brille, le sauvage Eté,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Eté,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d’apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Eté.

***

Théodore de Banville, Les Cariatides, 1843
Illustration : gravure de Manet pour le frontispice des Ballades de Banville (source)

Pour les patriarches nostalgiques, un grand tube des années 1270 : 1, 2, 3, 4 musique !

Je muir, je muir d’amourete,
Las! ai mi
Par defaute d’amiete
De merchi.
A premiers la vi douchete;
Je muir, je muir d’amourete,
D’une atraitant manierete
A dont la vi,
Et puis la truis si fierete
Quant li pri.
Je muir, je muir d’amourete,
Las! ai mi
Par defaute d’amiete
De merchi.

***

Je meurs, je meurs d’amourette,
Hélas ! aïe, pauvre de moi !
Car je n’ai pas de petite amie,
Par misère.
Tout d’abord je la trouvai toute tendre ;
Je meurs, je meurs d’amourette,
D’une façon toute violente,
Depuis que je la vis ;
Puis je la trouvai si farouche
Lorsque je la suppliai.
Je meurs, je meurs d’amourette,
Hélas ! aïe, pauvre de moi !
Car je n’ai pas de petite amie,
Par misère.

***

Adam de la Halle, rondeau, « Je muir d’amourete » – traduction maison. Si quelqu’un propose mieux, preuves à l’appui, je prends.

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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