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WHO is now reading this?

May-be one is now reading this who knows some wrong-doing of my past life,
Or may-be a stranger is reading this who has secretly loved me,
Or may-be one who meets all my grand assumptions and egotisms with derision,
Or may-be one who is puzzled at me.

As if I were not puzzled at myself!
Or as if I never deride myself! (O conscience-struck! O self-convicted!)
Or as if I do not secretly love strangers! (O tenderly, a long time, and never avow it ; )
Or as if I did not see, perfectly well, interior in myself, the stuff of wrong-doing,
Or as if it could cease transpiring from me until it must cease.

***

Qui lit ceci maintenant?

Peut-être est-ce quelqu’un qui connaît un des écarts de conduite de ma vie passée,
Ou peut-être un  inconnu qui en secret m’a aimé,
Ou peut-être quelqu’un qui accueille avec dérision toutes mes grandioses prétentions et mon égotisme,
Ou peut-être est-ce quelqu’un que j’intrigue.

Comme si je n’étais pas aussi intrigué par moi-même!
Ou comme si je ne me tournais jamais en dérision moi-même! (O bourrelé de remords! O condamné par ma propre conscience!)
Ou comme si je n’aimais pas en secret des inconnus! (Oh, avec quelle tendresse, pendant longtemps et sans jamais l’avouer; )
Ou comme si je ne voyais pas très clairement en moi-même la source de mes écarts de conduite,
Ou comme si elle pouvait cesser de sourdre en moi avant son heure.

***

Walt Whitman, Feuilles d’herbe (Leaves of Grass) – Traduction de Roger Asselineau

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Je suis couché de tout mon long,
                     au fin fond de l'Atlantique, Père Pèlerin,
                                      appuyé sur un coude,
                                                 au fin fond de l'Atlantique.

Je lève les yeux :
je vois un sous-marin,
là-haut, très haut, au-dessus de ma tête,
il glisse à cinquante mètres de profondeur,
tel un poisson, Père Pèlerin,
reclus et muet dans sa cuirasse et dans l'eau,
                                         tel un poisson.

[...] La lumière pénètre jusqu'à quatre cents mètres,
puis ce sont les ténèbres immenses,
                                                  profondes.
De temps en temps seulement,
                   des poissons étranges passent dans l'ombre,
                                                      l'éclaboussent de lumière.
Ensuite, il n'y a plus rien.
Plus rien,
        jusqu'au fond,
                  rien que les eaux,
                                   couches après couches,
                                                        épaisses, absolues,
                                                                      et tout en bas,
                                                                                    moi.
Je suis couché de tout mon long, Père Pèlerin,
couché de tout mon long au fin fond de l'Atlantique,
                               appuyé sur un coude,
                               je regarde vers en haut.
L'Europe et l'Amérique, au-dessus de l'Atlantique,
                                  ça fait deux,
                                           mais pas au fond,
                                                là, c'est tout un.

[...] Les pétroliers font feu,
et crachant leurs hommes et leurs cargaison,
                              ils se mettent à sombrer.
Mazout, pétrole, essence,
la surface de la mer prend feu.
Là-haut coule un fleuve de flammes,
gras et gluant,
                     un fleuve de flammes, mon cher,
rouge, bleu, noir,
un paysage de chaos primitif,
et tout près de la surface, dans l'eau, une belle pagaille :
explosions, désagrégations,
regarde ce pétrolier qui coule,
il a l'air d'un somnambule,
                              d'un lunatique.
Pour lui, plus de chaos,
il pénètre dans le paradis de l'univers marin,
il descend, sans cesse,
il se perd dans les ténèbres aquatiques,
il ne tiendra pas, il sera mis en pièces,
et son mât, mon ami, ou sa cheminée,
                viendra échouer à mes côtés.       

***

Nazim Hikmet, En cette année 1941, extrait

Voici ce que je vis : Les arbres sur ma route
Fuyaient mêlés, ainsi qu’une armée en déroute,
Et sous moi, comme ému par les vents soulevés,
Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés !

Des clochers conduisaient parmi les plaines vertes
Leurs hameaux aux maisons de plâtre, recouvertes
En tuiles, qui trottaient ainsi que des troupeaux
De moutons blancs, marqués en rouge sur le dos !

Et les monts enivrés chancelaient, – la rivière
Comme un serpent boa, sur la vallée entière
Étendu, s’élançait pour les entortiller…
– J’étais en poste, moi, venant de m’éveiller !

O living always, always dying!
O the burials of me past and present,
O me while I stride ahead, material, visible, imperious as ever;
O me, what I was for years, now dead, (I lament not, I am content;)
O to disengage myself from those corpses of me, which I turn and
look at where I cast them,
To pass on, (O living! always living!) and leave the corpses behind.

Oh toujours vivre et toujours mourir!
O ce qui est enterré de moi-même dans le passé et le présent,
O ce moi, tandis qu’à grands pas je m’avance, matériel, visible, impérieux, autant que jamais;
O ce moi, ce que je fus durant des années, aujourd’hui mort, (je ne me lamente pas, je suis satisfait);
Oh me débarrasser de ces cadavres de moi-même, qu’en me retournant je considère, là-bas où je les ai jetés,
Continuer mon chemin (Oh vivre! vivre toujours!) et laisser derrière moi les cadavres.

Un Corbeau devant moi croasse,
Une ombre offusque mes regards,
Deux belettes et deux renards
Traversent l’endroit où je passe :
Les pieds faillent à mon cheval,
Mon laquais tombe du haut mal,
J’entends craqueter le tonnerre,
Un esprit se présente à moi,
J’ois Charon qui m’appelle à soi,
Je vois le centre de la terre.

Ce ruisseau remonte en sa source,
Un boeuf gravit sur un clocher,
Le sang coule de ce rocher,
Un aspic s’accouple d’une ourse,
Sur le haut d’une vieille tour
Un serpent déchire un vautour,
Le feu brûle dedans la glace,
Le Soleil est devenu noir,
Je vois la Lune qui va choir,
Cet arbre est sorti de sa place.

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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