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En fait la peur de la mort est indépendante de toute connaissance ; car l’animal l’éprouve, quoiqu’il ne connaisse pas la mort. Tout ce qui est engendré l’apporte avec soi en ce monde. Mais cette peur a priori de la mort n’est que le revers de la volonté de vivre, dont nous participons tous.
[…]
Or, l’attachement sans bornes à la vie, qui ressort de ces faits, ne peut avoir pris sa source dans la connaissance et la réflexion ; aux yeux de cette dernière il paraît plutôt insensé, car la valeur objective de la vie se présente de façon très incertaine, et il reste pour le moins douteux que la vie soit préférable au non-être ; même, si l’expérience et la réflexion ont voix au chapitre, le non-être devrait gagner la partie. Si l’on frappait aux tombeaux et que l’on demandait aux morts s’ils voudraient revenir au jour, ils secoueraient la tête en signe de refus. Telle est aussi l’opinion de Socrate, dans l’Apologie de Platon, et même l’aimable et enjoué Voltaire ne peut s’empêcher de dire : « on aime la vie, mais le néant ne laisse pas d’avoir du bon », et encore : »je ne sais pas ce que c’est que la vie éternelle, mais celle-ci est une mauvaise plaisanterie ».
[…]
La nature, en revanche, qui ne ment jamais, mais est au contraire sincère et franche, parle de ce sujet de toute autre manière, à savoir comme le fait Krischna dans Bhagavad-Gita. Voici sa sentence : la mort et la vie de l’individu sont dénués de toute importance. Cela elle l’exprime en livrant la vie de chaque animal, et aussi celle de l’homme, aux hasards les plus insignifiants, sans intervenir pour la sauver. – Observez l’insecte qui se trouve sur votre chemin : une légère et inconsciente modification de votre pas décide de sa vie ou de sa mort. Voyez la limace des bois, privéede tout moyen de fuir, de se défendre, de tromper l’ennemi, de se cacher, proie toute prête pour chacun. […] Or, en livrant ainsi ces organismes élaborés avec un art indicible, non seulement à la rapacité du plus fort, mais aussi au hasard le plus aveugle, au caprice de chaque fou, à l’espièglerie de chaque enfant, la nature déclare que l’anéantissement de ces individus lui est indifférent, ne lui nuit pas, ne signifie rien pour elle, et que dans tous les cas, l’effet importe aussi peu que la cause.
[…]
Nous conclurons en ce sens […] comme une sorte de « tour de passe-passe » qui se produirait alors. En effet, que ce qu’il y a de moins parfait, de plus vil, à savoir la substance inorganisée, continue d’exister tranquillement, alors que précisément les êtres les plus parfaits, les êtres vivants, avec leur organisation infiniment compliquée et infiniment ingénieuse, doivent toujours avoir à renaître totalement, puis être réduits à un néant absolu après un court espace de temps, pour faire place encore à des êtres nouveaux, semblables à eux, venus du néant à l’existence, – c’est là une pensée si manifestement absurde qu’elle ne peut, au grand jamais, représenter l’ordre véritable des choses, mais plutôt exactement un voile qui les cache, plus exactement un phénomène conditionné par notre intellect. […] C’est en vérité seulement un patois du pays […].
[…]
Si je tue une bête, que ce soit un chien, un oiseau, une grenouille, ou même seulement un insecte, il est au fond inconcevable que cet être, ou plutôt la force originelle grâce à laquelle un phénomène si digne d’admiration apparaissait, encore à l’instant d’avant, dans la plénitude de son énergie et de sa vitalité, devrait avoir été réduit à néant par mon acte méchant et étourdi. – Et d’autre part, les millions d’animaux de tout genre, qui, à chaque instant, dans leur infinie variété, accèdent à l’existence, pleins de force et de désirs, ne peuvent en aucune façon n’avoir rien été du tout avant l’acte de leur procréation et être parvenus à un commencement absolu à partir du néant.
[…]
Tout cela, c’est la grande leçon d’immortalité que nous donne la nature, désireuse de nous faire comprendre qu’entre le sommeil et la mort il n’y a pas de différence radicale, et que celle-ci ne met pas plus l’existence en danger que celui-là. Le soin avec lequel l’insecte prépare une cellule, ou une fosse, ou un nid, y dépose son oeuf avec de la nourriture pour la larve qui en sortira au printemps, et ensuite meurt paisiblement, ressemble tout à fait au soin avec lequel un homme apprête le soir ses vêtements et son déjeuner pour le matin suivant, et ensuite va tranquillement dormir, et au fond tout cela serait impossible, si l’insecte qui meurt en automne n’était pas en soi et d’après son essence véritable, aussi identique à celui qui éclôt au printemps, que l’homme qui se couche pour dormir à celui qui se lève le lendemain.

***

Arthur Schopenhauer – Métaphysique de la mort (1890, extraits), in Compléments au Monde comme Volonté et comme Représentation, éd. 10/18, trad.  Marianna Simon.

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CLEANTHE

Que dites-vous donc de la matière ?

AUTOMONOPHILE

Que la matière n’existe pas.

CLEANTHE

Quoi ? Prétendez-vous vous en tirer par une absurdité pareille ?

AUTOMONOPHILE

Dites-moi, quand êtes-vous en droit de dire qu’une chose est ?

CLEANTHE

Quand je la perçois.

AUTOMONOPHILE

C’est bien ce que je voulais vous faire accorder. Ce qui est, c’est ce que je vois, je touche ou j’entends, ou ce que je me souviens d’avoir vu, touché, entendu, mais rien d’autre. Ce que nous appelons le monde est la somme de nos sensations. Nous ne connaissons pas le monde lui-même, en lui-même, nous avons chacun un monde senti.

CLEANTHE

Voudriez-vous dire que personne ne sent le même monde ? Que chacun a un monde différent ?

AUTOMONOPHILE

Exactement. Voyons-nous identiquement ? Sentons-nous identiquement ? Tel a la langue goûteuse, tel un nez particulièrement savoureux, tel une sensibilité exquise au bout des doigts, et tel entendrait une mouche éternuer.

CLEANTHE

Cela est vrai.

AUTOMONOPHILE

Il y a donc autant de mondes que de particuliers.

[…]

CLEANTHE

Mais si les sensations ne sont pas l’empreinte d’objets extérieurs, que sont-elles dès lors ? Quelle est leur origine ?

AUTOMONOPHILE

Moi.

CLEANTHE

Comment ?

AUTOMONOPHILE

Si, si, vous n’en croyez pas vos oreilles, mais vous m’avez bien entendu. Je suis moi-même l’origine de mes sensations.

CLEANTHE

Vous ? L’auteur du monde ?

AUTOMONOPHILE

Moi-même. Ce monde, fait de couleurs, d’objets, d’odeurs, c’est moi qui en suis le créateur.

CLEANTHE

Mon ami, adieu. L’entretien n’a duré que trop longtemps. Comment pouvez-vous dire que c’est votre esprit qui produit lui-même, pour lui-même, ses sensations ?

AUTOMONOPHILE

Quand vous rêvez, n’êtes-vous pas l’auteur de votre rêve ? Lorsque vous vous voyez en train de voguer sur la mer, cap sur les Amériques, les vagues sont-elles autre chose que le produit de votre imagination ?

CLEANTHE

Naturellement, puisqu’il s’agit d’un rêve.

AUTOMONOPHILE

Qui vous l’apprend ?

CLEANTHE

Le réveil.

AUTOMONOPHILE

Et si vous alliez vous réveillez de la vie ?

CLEANTHE

Allons ! …

Photo : Ben, J’ai rêvé 1985
Acrylique sur bois, collage d’objets et lit, 250 x 750 x180 cm
Galerie Baudoin Lebon, Fiac 1991
Collection Frac Paca
Photographie Frac/André Morain

Je conçois dans l’espèce humaine deux sortes d’inégalité, l’une, que j’appelle naturelle ou physique, parce qu’elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence d’âges, de la santé, des forces du corps et des qualités de l’esprit, ou de l’âme, l’autre, qu’on peut appeler inégalité morale ou politique, parce qu’elle dépend d’une sorte de convention, et qu’elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres ; comme d’être plus riches, plus honorés, plus puissants qu’eux, ou même de s’en faire obéir.

On ne peut pas demander quelle est la source de l’inégalité naturelle, parce que la réponse se trouverait énoncée dans la simple définition du mot. On peut encore moins chercher s’il n’y aurait point quelque liaison essentielle entre les deux inégalités ; car ce serait demander, en d’autres termes, si ceux qui commandent valent nécessairement mieux que ceux qui obéissent, et si la force du corps ou de l’esprit, la sagesse ou la vertu, se trouvent toujours dans les mêmes individus, en proportion de la puissance, ou de la richesse : question bonne peut-être à agiter entre des esclaves entendus de leurs maîtres, mais qui ne convient pas à des hommes raisonnables et libres, qui cherchent la vérité.

***

Rousseau, 1754

De toutes [les] défaillances de l’amitié, de tous [ses] inconvénients, il n’est qu’un moyen de se préserver : avoir la précaution de ne pas aimer trop vite et de ne pas donner son affection à des personnes qui n’en sont pas dignes. Or ceux là sont dignes d’être nos amis que rend aimables leur être intime. L’espèce en est rare. Eh oui! sans doute, toutes les belles choses sont rares et rien n’est plus difficile que de trouver quoi que ce soit d’absolument parfait dans son genre. Mais beaucoup d’hommes ne reconnaissent de valeur qu’aux choses qui sont matériellement d’un bon rapport et ils aiment leurs amis comme on aime le bétail, à proportion du profit qu’on en attend.
Ils ignorent donc l’amitié la plus belle et la plus conforme à la nature, celle qui est une fin en soi et qu’on recherche pour elle-même et ils ne savent pas juger d’après eux-mêmes de la signification vraie de l’amitié, de sa grandeur. Chacun en effet aime son propre moi et ce n’est pas dans l’espoir d’obtenir de soi une rémunération de cet amour, mais parce que son moi lui est cher par lui-même. Si cette façon d’aimer ne sert pas de modèle à l’amitié, on ne pourra jamais être un véritable ami, car un ami vrai est pour son ami un second lui-même. Quelque chose de tel, qu’on l’observe, se voit chez les bêtes, celles qui volent, celles qui nagent et aussi chez les animaux terrestres, apprivoisés et sauvages : ces êtres s’aiment d’abord eux-mêmes (c’est là un instinct qui existe de naissance au même degré en tout vivant) puis en désirent, en recherchent d’autres de même espèce auxquels ils s’attachent, c’est là l’effet d’un besoin, d’une sorte d’amour qui ressemble à l’amour humain et combien cela est plus naturel à l’homme qui, tout en s’aimant lui-même, réclame un autre être dont l’âme se mêle à la sienne au point qu’ils ne fassent, peut-on presque dire, qu’un en deux corps.

***

Cicéron, Laelius, De Amicitia, XXI, 79-81

Tableau : Le Jeune Cicéron lisant, fresque de Vincenzo Foppa de Brescia, datée vers 1464

Quant à l’erreur et incertitude de l’opération des sens, chacun s’en peut fournir autant d’exemples qu’il lui plaira, tant les fautes et tromperies qu’ils nous font, sont ordinaires. […]
Qu’on loge un philosophe dans une cage de menus filets de fer clairsemés, qui soit suspendue au haut des tours de Notre-Dame de Paris , il verra par raison évidente qu’il est impossible qu’il en tombe, et si (1), ne se saurait garder (s’il n’a accoutumé le métier des recouvreurs (2) ) que la vue de cette hauteur extrême ne l’épouvante et ne le transisse. Car nous avons assez à faire de nous assurer aux galeries (3) qui sont en nos clochers, si elles sont façonnées à jour (4) encore qu’elles soient de pierre. Il y en a qui n’en peuvent pas seulement porter la pensée. Qu’on jette une poutre entre ces deux tours, d’une grosseur telle qu’il nous la faut à nous promener (5) dessus: il n’y a sagesse philosophique de si grande fermeté qui puisse nous donner courage d’y marcher comme nous ferions, si elle était à terre. J’ai souvent essayé cela en nos montagne de deçà (6) (et si suis de ceux qui ne s’effrayent que médiocrement de telles choses) que je ne pouvais souffrir la vue de cette profondeur infinie sans horreur et tremblements de jarrets et de cuisses, encore qu’il s’en fallût bien ma longueur que ne fusse du tout au bord, et n’eusse sur choir(7) si je ne me fusse porté à escient au danger. J’y remarquai aussi, quelque hauteur qu’il y eût, pourvu la diviser, que cela nous allège et donne assurance, comme si c’était chose de quoi à la chute nous pussions recevoir secours; mais que les précipices coupés (8) et unis, nous ne les pouvons pas seulement regarder sans tournoiement de tête: « ut despici sine vertigine simul oculorum animique non possit(9) », qui est une évidente imposture de la vue. Ce beau philosophe (10) se creva les yeux pour décharger l’âme de la débauche qu’elle en recevait, et pouvoir philosopher en liberté.

Bien loin après cette chute ironique et de nombreux autres exemples, ayant postulé que la pensée naît des sens, Montaigne finit donc par déduire de l’incertitude des sens, celle de la pensée et de la philosophie-même.

Vocabulaire : 1. Et pourtant- 2. Couvreur- 3. De nous rassurer grâce aux galeries- 4. A claire voie- 5. Pour nous promener- 6. Les Pyrénées- 7. Je n’aurais pas pu tomber sauf si je m’y étais exposé exprès (« a escient »)- 8. Abrupts- 9. « Si bien qu’on ne peut regarder en bas sans que le vertige saisisse et les yeux et les esprits » (tite live) – 10. Démocrite, philosophe grec.

***

Michel Eyquem de Montaigne, Essais, livre II, chapitre 12 : « apologie de Raymond Sebond », 1592

Tous les êtres circulent les uns dans les autres, par conséquent toutes les espèces… Tout est en un flux perpétuel… Tout animal est plus ou moins homme ; tout minéral est plus ou moins plante ; toute plante est plus ou moins animal. Il n’y a rien de précis en nature… Le ruban du *père Castel… Oui, père Castel, c’est votre ruban et ce n’est que cela. Toute chose est plus ou moins une chose quelconque, plus ou moins terre, plus ou moins eau, plus ou moins air, plus ou moins feu ; plus ou moins d’un règne ou d’un autre… Donc rien n’est de l’essence d’un être particulier… Non, sans doute, puisqu’il n’y a aucune qualité dont aucun être ne soit participant… et que c’est le rapport plus ou moins grand de cette qualité qui nous la fait attribuer à un être exclusivement ou à un autre… Et vous parlez d’individus, pauvres philosophes ! laissez là vos individus ; répondez-moi. Y a-t-il un atome en nature rigoureusement semblable à un autre atome ?… Non… Ne convenez-vous pas que tout tient en nature et qu’il est impossible qu’il y ait un vide dans la chaîne ? Que voulez-vous donc dire avec vos individus ? Il n’y en a point, non, il n’y en a point… Il n’y a qu’un seul grand individu, c’est le tout. Dans ce tout, comme dans une machine, dans un animal quelconque, il y a une partie que vous appellerez telle ou telle ; mais quand vous donnerez le nom d’individu à cette partie du tout, c’est par un concept aussi faux que si, dans un oiseau, vous donniez le nom d’individu à l’aile, à une plume de l’aile… Et vous parlez d’essences, pauvres philosophes ! laissez là vos essences. Voyez la masse générale, ou si, pour l’embrasser, vous avec l’imagination trop étroite, voyez votre première origine et votre fin dernière… Qu’est-ce qu’un être ?… La somme d’un certain nombre de tendances… Est-ce que je puis être autre chose qu’une tendance ?… non, je vais à un terme… Et les espèces ? Les espèces ne sont que des tendances à un terme commun qui leur est propre… Et la vie ? La vie une suite d’actions et de réactions… Vivant, j’agis et je réagis en masse… mort, j’agis et je réagis en molécules… Je ne meurs donc point ? Non, sans doute, je ne meurs donc point en ce sens, ni moi, ni quoi que ce soit… Naître, vivre et passer, c’est changer de formes… Et qu’importe une forme ou une autre ? Chaque forme a le bonheur qui lui est propre. Depuis l’éléphant jusqu’au puceron… depuis le puceron jusqu’à la molécule sensible et vivante, l’origine de tout, pas un point dans la nature entière qui ne souffre ou qui ne jouisse.

***

Diderot, Le rêve de d’Alembert, 1769, extrait.

*Résumé de la note sur le père Castel : son « ruban » désigne l’instrument dont il est l’inventeur, un « clavecin oculaire » qui jouait des symphonies non de sons mais de couleurs, à l’aide de rubans colorés .

Oui ! mon bonheur – veut rendre heureux !
Tout bonheur veut rendre heureux !
Voulez-vous cueillir mes roses ?

Il faut vous baisser, vous cacher,
Parmi les ronces, les rochers,
Souvent vous lécher les doigts !

Car mon bonheur est moqueur !
Car mon bonheur est perfide ! –
Voulez-vous cueillir mes roses ?

Friedrich Nietzsche, Gai Savoir, prélude en rimes, 9, 1882

Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n’y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s’attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n’est plus ou préviennent l’avenir qui souvent ne doit point être : il n’y a rien là de solide à quoi le coeur se puisse attacher. Aussi n’a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu’il y soit connu. A peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le coeur puisse véritablement nous dire : Je voudrais que cet instant durât toujours ; et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le coeur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après ?

Mais s’il est un état où l’âme trouve une assiette assez solide pour s’y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d’enjamber sur l’avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure celui qui s’y trouve peut s’appeler heureux, non d’un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu’on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d’un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l’âme aucun vide qu’elle sente le besoin de remplir. Tel est l’état où je me suis trouvé souvent à l’île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l’eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs au bord d’une belle rivière ou d’un ruisseau murmurant sur le gravier.

***

Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 1782, 5e promenade, extrait.

Ce que j’écris :

La phrase qui tue :

Peu m'importe.
Peu m'importe quoi ? Je ne sais 
pas ; peu m'importe.
                    Fernando Pessoa

Classement par auteurs

Haïku !!!

Sans savoir pourquoi
                     j'aime ce monde
   où nous venons mourir___

                 Natsume Sôseki

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